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Conférences Mythe & Opéra - Saison 2018 - 2019.

September 2, 2018

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Quelle merveilleuse soirée que cet "Avare" de Molière !

November 19, 2016

 

 

 Jacques Ozinski change de focale et nous amène à prêter attention à la détresse de ce pauvre homme, empêtré dans ses insupportables contradictions, mais finalement bien seul. Seul... avec sa cassette. Il y a une douceur qui touche dans le visage de Jean Claude Frissung et son désarroi, à nu, bouleverse. 

 

Mais quel désordre autour de lui ! D'entrée de jeu, Alice Le Strat nous fait sentir l'intensité toute intérieure d'une Elise arrêtée dans ses plus beaux élans. Ses éclats de voix un peu plus tard n'en auront que plus de force. La présence de cette actrice justifie le théâtre et le plaisir unique qu'il procure. Ses silences nous crient au visage sa révolte, son dégoût, mais plus encore les merveilles de l'amour naissant, tout juste rencontré dans la personne de Valère.

 

Le Valère de Thibaut Vinçon tout d'énergie, avec une répartie bondissante, sur le fil, drôle encore et encore. La candeur de notre Cléante n'en apparaît que plus singulière, servie par un Arnaud Simon sincère, emporté, ne sachant que faire de ses longs bras. Nulle complication dans le jeu de Marianne. Delphine Hecquet est sincère elle aussi, toute de transparence et de simplicité dans ses sentiments. A côté, les froids calculs de Frosine, et la voix doucereuse de Christine Brücher, glacent le sang. Mais elle sait se faire aimer, malgré tout, car tout le monde étouffe dans cet enclos.

 

Et c'est la formidable idée de Jacques Ozinski que de nous présenter un décor des plus austères. On suffoque d'entrée et la lumière rasante renforce encore l'enfer que cet Harpagon impose aux vivants. Mais les corps eux, sont bien vivants. Quel bonheur que de les voir : ils vivent, respirent, éprouvent, ragent, se rapprochent, tournent le dos, grimpent, se touchent... 

 

Il n'est pas une réplique qui ne nous offre un tableau à contempler, à mi chemin entre la peinture de Edward Hopper et la peinture de Vermeer. Il y a une véritable grammaire des corps dans cet art de porter la parole, de s'écouter et de se répondre, alors que tout concourt à l'étouffer. Mais les puissances de l'amour sont plus fortes, les paroles sont toujours plus vraies, et les voix se gonflent pour délivrer, nous délivrer d'un souffle l'amour et la vie. 

 

Et Harpagon chante lui aussi, l'amour... de sa cassette. Nous l'aimons aussi, finalement. C'est la grande force de cette soirée que de nous inviter à aimer, nous aussi. Nous voilà devenus légers. Merci !!!

 

Réservations à l'Artistic Théâtre, Paris 11ème : www.theatresparisiensassocies.com

 

 

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